le blog de l'opposition municipale

mercredi 17 juillet 2013

Lettre ouverte à Bertrand Gautier, Adjoint à la voirie…

Monsieur,

Vous avez pris seul la décision de supprimer le « Stop » situé à l’intersection du Chemin du Lavoir et de l’allée Clos Lafitte.
Je dis bien seul.

A l’époque où je faisais partie de votre commission Varec*, j’avais accepté d’animer une réunion de voisinage pour réfléchir à la meilleure solution pour ralentir la circulation et améliorer la sécurité du carrefour du Trou aux Biches.
Nous avions fait des propositions, vous n’en avez pas tenu compte.

Votre seul projet depuis toujours, supprimer le « Stop ».

Vous l’avez fait, vous l’avez remplacé contre l’avis général, par un autre, que vous aviez placé en bas de l’allée du Clos Lafitte. Sur le plan de la sécurité, c’était intenable, cela n’a pas tenu. Sous la pression des habitants du quartier et de leur pétition, A Lafon a du vous désavouer et le « Stop » à disparu.

Six mois après, le bilan est désastreux, vous avez réussi à obtenir exactement l’inverse de ce qui était recherché. Nous souhaitions ralentir la circulation, vous avec libéré les énergies de ceux qui arrivant du Lavoir se donnent de la vitesse pour gravir aisément la côte.
Nous souhaitions sécuriser le carrefour , en ne mettant aucune signalisation, vous l’avez rendu plus dangereux , non seulement les usagers y roulent de plus en plus vite , mais la majorité d’entre eux, ne prennent plus la peine de jeter un « coup d’œil » pour évaluer la possibilité qu’arrive un autre véhicule à qui il doivent pourtant la fameuse « priorité à droite ».

Au Clos Lafitte, nous sommes dans la crainte. Surement pas pour nous, habitants du quartier qui connaissons la dangerosité de ce que vous avez installé…mais pour les autres !
Un enfant à vélo échappe à la vigilance de ses parents où quelqu’un qui à cause d’un moment d’inattention …

En cas de problème, à cause de cette absence totale de signalisation, la responsabilité de la commune serait engagée. Votre mission d’adjoint n’est pas de lui faire prendre ce type de risque  tout comme elle n’est pas de rendre le quotidien de vos administrés plus difficile. Prenez la bonne décision, admettez que vous vous êtes trompé,  réétudiez le dossier du carrefour du Trou au Biches, revoyez en au moins la signalisation, chemin du Lavoir.
Dans l'intérêt de tous, c’est le moins que vous puissiez faire.

Bien cordialement.

PS : Puisque nous évoquons le Clos Lafitte, permettez moi d’attirer votre attention sur deux points : même si tout le monde approuve la création du trottoir dans le « S » de Maison Rouge, les automobilistes trouvent que la route est bien étroite et le croisement périlleux, peut être  aurait ce du être réfléchi en amont .Quant au deuxième point, je rappelle que l’arrêt de bus scolaire du Lavoir  n’est pas un arrêt « sauvage » et qu’ il se devrait d’être réglementairement signalé depuis bien longtemps.


* Varec : Voirie, assainissement, réseau électrique. 

mardi 9 juillet 2013

Vous qui allez bientôt voter, vous devriez venir plus souvent au conseil …

Et oui me revoilà …après une longue pause, des tas de petits problèmes positivement gérés, je ressens à nouveau le besoin de tout vous dire… 
J'entends ceux qui pensent que le conseil municipal n’est qu’une chambre d’enregistrement et qu’il vaut mieux tout compte fait , se jeter dans son canapé juste devant la télé, plutôt que de venir écouter …C’est souvent vrai et faux à la fois.
J’imagine que de voir tout une « équipe » lever la main et voter « oui » dès que le maire propose un vote a  quelque chose de frustrant…alors quoi, pas de débat, pas de question, pas de doute ou de sensibilité différente ? Pas drôle !

Quoique, cette fois ci, deux événements non provoqués par l’opposition méritent qu’on s’y attarde.

La délibération n° 2013- 37 concernait le déplacement des panneaux d’agglomération … le maire annonce qu’il souhaite déplacer l’un des panneaux de là où il est, face au Tertre des Forges, vers le restaurant de Maison Rouge. L’argumentaire ne tient pas tant que le PLU n’est pas voté, l’affaire n’a apparemment que des désavantages, nous opposition, voterons contre… Mais quel moment étonnant tout de même de se voir accompagner dans ce vote par l’adjointe aux Associations au motif que le déplacement du fameux panneau impose une circulation à 50km/h et qu’elle, veut 70 ! Et d’expliquer délicieusement, on devrait le retrouver  dans le compte rendu, que « les gens » ne respectant déjà ni le 70 d’aujourd’hui ni le marquage au sol entre Tertre des Forges et Maison de retraite de Beauséjour, le fait de passer à 50 km/h allait les contraindre d’avantage et les obliger à plus d’incivilité !
Même ses collègues communistes en sont restés sans voix. Notre amie Cgtiste faisant acte de conviction à maintenu son vote, seule contre tous.

La délibération 2013- 37 fut à priori plus subtile, avec le recul moins amusante voire plus inquiétante . Il fallait voter l’acceptation par le conseil du passage au grade d’agent de maîtrise du cuisinier de la cantine, lequel avait réussi un concours. Le coût pour la commune est de 4 € par mois pour la première année, plus ensuite naturellement. Après tout c’est la politique d’encouragement à la formation menée depuis 2008 au service de la population farguaise…  En contre partie, le conseil a négocié qu’il effectue  quelques missions qui étaient jusqu’alors du ressort de notre fournisseur de denrées…
Notre cuisinier, trop peu occupé à la cantine, remplissait d’autres taches au sein du la commune, taches qu’il ne pourra plus assumer, occupé par ses nouvelles missions…

Et c’est là que cela devient intéressant…

Jérome Olaya, très attaché à la fonction territoriale dont il fait partie, intervient pour s’assurer que la nouvelle mission confiée ne correspondrait pas à une surcharge de travail … dans le contexte actuel, la remarque est déjà en elle-même un vrai étonnement et en l’observant pendant qu’A Lafon lui répondait ,  je me disais : « il n’osera pas ,il ne va pas aller jusque là, il ne va se permettre ça, il est adjoint aux finances , il connait le poids des salaires dans un budget communal, En plus , il ne peut pas ne pas avoir entendu Didier Migaud, Premier Président socialiste de la Cour des Comptes, le jour même sur toutes radios, défendre la nécessité de réduire les dépenses notamment celles de la fonction territoriale pour laquelle il propose d’améliorer l’efficience*… »
Et bien si ! « Mais dites moi, je vais au bout de mon raisonnement, si le cuisinier faisait 4 heures dans un autre service, ces heures là vont manquer ! » …
Il ose, il sait et il ose…

Qui sont donc les vrais destinataires du message et quel est le degré de spontanéité de cette réflexion à haute voix. Si on avait l'esprit mal tourné, on pourrait facilement imaginer qu’il s’agisse d’une sorte de mise en scène destinée à un public ciblé. Cela serait indécent et regrettable …

C’est vrai, assister au conseil n’est pas forcement très drôle, il faut souvent être initié pour décoder mais quitte à choisir et voter, il est parfois utile d’être là pour entendre et savoir…


* L'efficience économique met en relation les résultats atteints avec les ressources financières utilisées.


vendredi 10 mai 2013

Deux terrains vendus pour deux projets sociaux.


Le terrain rue des Bons Enfants destiné tout d’abord aux Sénioriales à trouvé preneur.
Lors du dernier conseil municipal du 30 avril, le choix c’est donc porté sur la société Anthélios.

Petit retour en arrière, nous étions 8 conseillers, maire et adjoints, un vendredi soir vers 19 heures pour entendre les 5 promoteurs développer leur projet et leur offre financière. Les  acquéreurs potentiels liaient systématiquement leur engagement à l’obtention d’un permis de construire purgé de tout recours. C’est une règle mais on sait et pour cause qu’à Fargues c’est plus important que partout ailleurs.
Trois types d’offres, des sociétés connues pour leur solidité, d’autres moins mais toutes ayant respecté le cahier des charges du Plan Local de l’Habitat (PLH), du logement social, des constructions pour les séniors, des projets pour les primo accédants. Trois promoteurs proposant l’ensemble des attendus plus du terrain libre à prix maitrisé pour la construction individuelle, un éco-quartier sans terrain libre et une offre commerciale.
Nous étions une petite douzaine la semaine suivante pour la réunion d’avant conseil dont   l’un des objets était de rediscuter les projets… Étonnamment  la discussion a tourné essentiellement autour du projet d’éco quartier, les autres projets n’ont quasiment pas été évoqués, les offres concernant les séniors qui étaient vraiment différentes n’ont pas été discutées, les terrains libres à la construction jugés indispensables jusque là n’avaient plus le même intérêt, la qualité des constructions à travers leur promoteur n’a pas été un argument et très vite nous avons voté à bulletin secret…

Ce sera donc Anthélios et son éco-quartier. En dehors du fait qu’Anthélios a déjà été choisi pour l’achat du terrain Dejean et que cela peut avoir un caractère surprenant, l’affaire financière est à priori correcte.

Le projet sera donc de construire 92 logements dans un éco-quartier intergénérationnel, regroupant une résidence sénior, des logements libres à prix maîtrises et des logements sociaux, une maison associative pour tous, une piscine, des jardins potagers…ainsi qu’une opération tertiaire ou commerciale.
non contractuel   www.anthelios.fr
Anthelios destine 50% minimum de la surface plancher de logements à la revente VEFA à un organisme social…. En clair cela signifie qu’au minimum 45 logements, avant d’être construits, seront  rachetés par des organismes chargés de
gérer des logements sociaux.

L’idée de l’éco-quartier avec son organisation et son ambition de responsabilisation partagée est séduisante. Sa maison associative et ses jardins potagers ont un vieil air des années 70-80, sa petite surface commerciale avec magasin bio et exclusion de toute activité industrielle polluante ou génératrice de nuisances sonores et olfactives bien qu’ayant un coté « doux rêveur » peut avoir du sens dans cette zone d’habitation…L’ensemble pose quand même quelques questions :
La totalité du terrain sera construite et les logements (T2, T3) seront proposés à la vente, tous sur le même modèle. Nous sommes au bord de la commune, à proximité de ce qui sera demain l’entrée principale, n’aurait il pas fallu avoir un projet plus divers pour son intégration visuelle dans l’espace urbain de notre commune semi-rurale ?
         Sur le Plan Local de l’Habitat, voté par la Communauté de Communes en mai 2011 «  les élus souhaitaient atteindre 11% de logements sociaux en 2016 à l’échelle de la CdC. Pour parvenir à cet objectif, 348 logements sociaux devront être construits ». Fargues s’était engagé à en construire 15 (répartition prévue sur le tableau ci-après) : fallait-il proposer aujourd’hui une mise à disposition à ce point supérieure  à celle qui est prévue sachant que sur le terrain Dejean, 19 logements sociaux sont déjà programmés ?  
Dans le même esprit, a t on réfléchi au surcoût pour la commune de l’arrivée de nombreuses familles qui vont fréquenter notre école où déjà cette année, nous avons une classe supplémentaire à assumer, fréquenter aussi le restaurant scolaire où le prix du repas se fixe au quotient familial compensé par le budget communal. A t on intégré les obligations de la reforme de Mr Peillon dont nous avons repoussé l'application en 2014 ? 
Fargues est à 12 kilomètres de Bordeaux, a-t-on prévu, négocié, travaillé pour l’amélioration de l’accès à ce pôle d’activité qu’est notre capitale régionale. Un projet de « navette » vers le tram de Dravemont n’a pas vu le jour pour l’instant.
Enfin, la lettre d’intention se base sur les règles du  POS toujours en vigueur mais qui devait être remplacé par un PLU plus contraignant. Quel sera le document de référence retenu et quelles en seront les conséquences pour les constructions proposées.
Et pour terminer, sans l’exclure d’emblée, pourquoi choisir en moins de deux ans, sur deux ventes distinctes, le même promoteur ? Avons-nous un intérêt à mettre tous nos œufs dans le même panier ?

non contractuel  www.anthelios.fr
Séduit par la proposition de l’éco-quartier, j’ai pourtant voté pour un projet plus équilibré, qui remplissait les impératifs économiques et sociaux et qui pour moi, tenait plus compte de la nécessité d’intégrer toutes ces nouveaux venus qui ne l’oublions pas, vont se trouver de l’autre coté de la déviation. C’est un sujet que nous avions longuement débattu lors de la construction du PLU, il fallait tout faire pour ne pas isoler ce quartier et favoriser son intégration à la commune.

Je ne suis pas sûr que le débat ait été aussi approfondi que cela et qu’il ait porté sur ces critères qui nous concernent pourtant tous.
Les échanges me paraissent de toute façon toujours très faibles, le 5 mai dernier en écoutant Mr Mélenchon, j’avais une pensée pour Mle Scailliarez qui me rappelait son appartenance au Parti Socialiste et je me disais que tout compte fait A. Lafon, communiste assumé, devait tous les jours s’étonner d’avoir son inconditionnel soutien…
Pour ma part je m’en tiens à mes engagements de 2008, un engagement a-politique avec l’ambition de servir dans l’équilibre tous les farguais sans exception et sans parti pris.   

Il faudra se montrer très vigilant sur le permis de construire accordé, purgé de recours ou pas.


VEFA : vente en état futur d’achèvement.
Vente de la Maison Dejean : Le Hameau de Cérès. 23 maisons BBC, 19 logements sociaux VEFA soit 82 % de l’ensemble du lotissement. 4 maisons sont encore disponibles. www.anthélios.fr

Extrait du Plan Local de l'Habitat de la Cdc Les Coteaux Bordelais , validée en mai 2011 avec pour objectif  2016.



mercredi 17 avril 2013

Honnêteté, probité et affaires publiques...


Alors donc, voilà la France entière au courant du patrimoine de tous nos ministres et secrétaires d’état. La belle affaire !
En début d’année  j’avais présenté mes vœux à mes lecteurs en écrivant :
 « Il faudrait à nos élites surement moins d’idéologie, plus de lucidité et de sérénité et probablement plus de croyance en une république tolérante, unique et indivisible .C’est ce que je nous souhaite pour 2013, en France et à Fargues en particulier.»


Quelques semaines après seulement, nous en sommes loin. L’affaire Cahuzac éclaire d’un jour cruel le monde de la politique.
Il a menti à la presse, il a menti à l’assemblée nationale toute entière, il a menti au président de la république, la plus haute autorité de l’état, gravissime et intolérable. Il nous a menti à nous tous, français et c’est bien cela que nous lui reprochons et pas autre chose. Il a menti sur l’existence d’un compte en suisse dont l’objet était essentiellement de permettre à son propriétaire de ne pas acquitter l’impôt. Hier comme aujourd’hui mais encore plus aujourd’hui, venant de quelqu’un qui a fait sien le service de l’intérêt général, c’est une tromperie inexcusable.  

Le chef de l’état nous a d’abord affirmé que c’était l’erreur d’un homme et d’un seul, qu’il ne fallait pas prendre de décision hâtive et changer de gouvernement. Nous étions rassurés, le loup n’était plus dans la bergerie, la paix était revenue, la vie reprenait son cours. Il ne s’est passé qu’une semaine avant que nous ne découvrions la nécessité devenue impérieuse de faire de la « transparence ». Allons donc, après la faute d’un d’entre eux, il fallait prendre le risque de jeter le doute sur « les politiques » et exiger de savoir tout, jusqu’au kayak, au vélo ou au nombre d'euros sur le compte épargne de la Poste.

Vous avez dit moins d’idéologie, plus de lucidité et de sérénité ?

Du ridicule surement, comme  tous ces prix de vertu de droite comme de gauche qui se sont précipités pour « tout dire » le premier…Comme si c’était important , comme si nous avions assez peu de jugeote pour penser que c’est cela qui allait empêcher d’autres affaires Cahuzac ou faire pencher la bascule en leur faveur!  Il y a surement parmi nous des gens qui vont se délecter de la lecture des différents classements, peut être même en tirer des enseignements sur la capacité des uns et des autres à être ou ne pas être … Pour beaucoup d’entre nous et c’est heureux, la seule chose qui vaille sera le sentiment de probité qui se dégagera du comportement de notre favori. Qu’il ne nous mente pas, qu’il ne triche pas et qu’il n’exige pas de nous ce qu’il ne s’impose pas !
Le reste peut concerner une haute autorité indépendante.

Dans le même esprit de moralisation de la vie publique, le bruit a couru sans être confirmé  que le gouvernement envisageait de supprimer la fameuse    « réserve parlementaire », cette somme de 130 000 € que chaque député ou sénateur peut distribuer comme il l’entend. Ceux qui la défendent assurent qu’elle aide les communes sur des petits projets et qu’elle est transparente puisqu’il faut une délibération du conseil municipal pour l’accepter. « Le JDD.fr » repris par     « Le Monde.fr » d’aujourd’hui fait  le point sur un système de gestion des deniers publics qu'il juge "d’essence clientéliste". Cette année, la première ,  Fargues St Hilaire aura reçu 20 000 €. Fallait aller jusqu'à ne pas l'accepter ? De mémoire nous n'avons pas été nombreux à nous abstenir, hésitant entre les nécessites d'un budget serré et le besoin de marquer nos interrogations. 

Et si il y avait d'autres affaires Cahuzac ? Que faudra t il faire alors, jusqu’ou faudra t il étendre la déclaration de patrimoine, aux enfants, aux parents, aux proches, aux amis, ou est la limite ? Jusqu'ou ira le populisme et faudra t il qu’un jour nous aussi les conseillers de Fargues, nous déclarions nos patrimoines à la communauté ? Ridicule, inutile, inopérant mais pas forcement improbable dans une civilisation française férue d'égalité qui a une relation si délétère à l’argent.
Et si cela devenait tellement dissuasif pour nous les sans grade, que cela nous empêchait de nous mettre au service des autres ? 






dimanche 31 mars 2013

La maison Dejean n’est pas encore vendue…



J’ai eu tout récemment l’occasion de vous soumettre un texte qui concernait l’intérêt général et je veux revenir sur la définition que j’en avais donnée, somme toute assez consensuelle, l’intérêt général c’est en toute situation, le dépassement de la somme des intérêts privés.

Nous étions tous convaincus que la fameuse Maison Dejean avait été vendue, nous avions voté le projet qui en découlait, enfin pour être précis le conseil l’avait voté, l’opposition s’était abstenue considérant que le programme manquait de charisme et que nous avions une autre vision de ce qu’étaient les impératifs à la réalisation d’une véritable mixité sociale.

La vente de la maison, et c’est une chose qu’on peut entendre, est liée à l’obtention d’un permis de construire en bonne et due forme.
Un recours, a été déposé. La vente est bloquée.
L’acquéreur potentiel nous assure de sa volonté de maintenir son offre (tiens ! il me semble que les Sénioriales tenaient le même langage)  

On pourra s’étonner de voir que j’en parle ici parce qu’après tout, comme nous le rappelait récemment la jeune et inexpérimentée Mlle Scailliarez, conseillère municipale, c’est un droit que nous a donné notre démocratie, chaque citoyen peut déposer un recours à tout permis de construire dans la mesure où il en ressent la nécessité. Il faudra aller plus loin et se demander alors pourquoi, sur chaque projet d’envergure réalisé sur la commune, c’est toujours la même personne qui dépose un recours. C’est la même personne qui avait déposé un recours contre le projet de rénovation de la Maison de Retraite du Clos Lafitte (débouté, voir l’article Approbation posthume), c’est encore lui qui sous couvert d’une association dont il est le président avait agi contre le projet des Sénioriales. Sur cette mandature, seule la construction du restaurant scolaire aura évité de passer sous ses fourches caudines.

C’est un droit qu’il faut donc respecter mais à chaque fois les conséquences sont à la charge de la communauté. C’était le bien être des pensionnaires, l’emploi et l’activité autour de la maison de retraite qui étaient en jeu, c’est le prêt relais pour la station d’épuration qu’il faut financer sur l’affaire des Sénioriales , c’est l’activité de nos commerçants qui ne bénéficieront pas de l’arrivée de nouveaux farguais prévue pourtant au départ pour 2013 , enfin c’est l’argent de la vente de la Maison Dejean qui doit couvrir l’achat de la Maison Guignard.

Comment l’autorité locale peut elle se défendre, comment empêcher que tous les projets d’avenir, et il y en aura sur Fargues, soient entachés de ces recours que la loi à prévu et qui parfois sont bien nécessaires. Le maire est garant « normalement » de l’intérêt général, son ambition est là, faire le mieux pour le plus grand nombre. Quand la négociation échoue, quand le « raisonnable » n’est plus de mise, faut il qu’il utilise tous les moyens mis à sa disposition jusqu’à, lui aussi, faire intervenir la justice, au nom de tous et de l’intérêt général ? Au moins pourrait-il agir de concert avec le promoteur, souvent en première ligne face au plaideur.
Cette situation  en France devient tellement courante que pour éviter le blocage des projets, le législateur envisage une loi qui permettrait de condamner ceux qui déposeraient des recours de manière un  peu trop systématique, avec des objectifs assez régulièrement inavouables… En juin dernier le tribunal d’Aix en Provence à retenu la responsabilité d’un plaideur qui avait contesté un permis de construire et l’a condamné à dédommagements*

Rien n’est facile il est vrai et nos amis communistes en font aujourd’hui les frais alors qu’il fut une époque pas si lointaine où ils n’hésitaient pas à assumer leur amitié. Je me souviens des cris effarouchés de Mme Sahun quand je lui suggérais, pour ne pas interférer avec les difficiles négociations en cours auxquelles elle n’était pas mêlée, de ne plus entretenir de relation avec notre procédurier…La république et la démocratie étaient en danger ! 

Pour moi et encore plus aujourd’hui, le danger était ailleurs, il  venait de l’absence de sens des responsabilités et de l’inconscience de ce qu’est l’intérêt général.


* PAR CES MOTIFS :
   REJETTE le pourvoi ;
   Condamne la société Y… aux dépens ;

Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande de la société Y… ; la condamne à payer à la Z …et à la société W… la somme globale de 2 500 euros ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, troisième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du cinq juin deux mille douze.

jeudi 14 mars 2013

Les élections de 2014 se profileraient elles déjà?...


Chacun d’entre vous le sais, je n’ai pas d’estime pour l’équipe municipale en place.
Entre un maire qui n’a aucune vision d’avenir et dont la conception de son rôle se limite à appliquer à tous les dogmes qu’on lui a enseignés et qui lui servent de guide, un premier adjoint dont on cherche encore l’action et la contribution qu’il aura apporté aux travaux du conseil , deux adjointes, l’une aux associations dont on connait l’engagement syndical , l’autre au social qui n’accepte pas de faire de bilan de son action sous couvert de confidentialité et un monsieur Gautier qui aime à remplir de nombreux de cahiers de notes et de doléances qu’à priori il ne relit jamais puisqu’il finit toujours par ne faire que ce qui lui convient...Non décidément, je n’ai pas de raison de  penser que la commune à une chance aujourd’hui d’avoir cette équipe là à sa tête …

Jusqu’alors, l’opposition que nous représentons Mme Allais, Mr Alègre et moi-même, étions tenus à l’écart de tout, privés de participer aux réunions, aux commissions, hormis celle du personnel…Quelle ne donc fut pas  notre surprise de recevoir la semaine dernière un planning prévisionnel de réunions préparatoires des conseils municipaux !

Il y quelques mois encore, alors que nous nous étonnions de ne recevoir aucun compte rendu des travaux du conseil, il nous avait été précisé que nous ne devions pas les attendre dans nos boites mail mais qu’il nous fallait venir les consulter en mairie, ce qui semblait être le fonctionnement partagé par tous les membres du conseil… C’est en tout cas, main sur le cœur et soutenu par beaucoup, les affirmations que le maire nous avait faites lors d’un conseil municipal du mois de novembre dernier.

Puisque qu’on nous y invitait, puisque c’était la règle pour tous,  il n’y avait pas de raison de ne pas s’y plier. Je me suis donc adressé au Secrétaire Général.

En dehors de quelques comptes rendus très irréguliers, très laconiques des réunions d’adjoints, il n’a été en mesure de me fournir pour 2012 que 3 comptes rendus de commission : celle de la commission du personnel à laquelle je siège dès que je le peux, un compte rendu de la commission Voirie et ceux de la commission d’urbanisme (hors PLU). Pour le reste, il m’a été expliqué que chacun avait un fonctionnement qui lui était propre et que le secrétariat général n’avait aucune obligation d’archivage. Je n’ai donc pas eu accès aux résultats des travaux de la commission des finances, celle du PLU, de celle des associations ou du social ni à celle de la culture…On peut imaginer qu’avant de voter en séance plénière,  je ne dois pas être le seul.

Alors pourquoi ce changement brutal d’attitude, pourquoi nous inviter maintenant aux réunions préparatoires du conseil et nous donner accès aux informations concernant la gestion de la commune ?
Un soudain sursaut d’éthique, une prise de conscience tardive de ce qu’aurait toujours dû être le débat démocratique et la défense des intérêts de tous les habitants de Fargues ? Étonnant à ce stade de la mandature...
A moins que ce ne soit plus simplement et de manière quelque peu triviale peut être, la proximité des élections municipales de 2014 et le risque de voir d’autres Farguais se mobiliser pour une gestion plus transparente, plus raisonnée , plus organisée et moins sectaire des affaires de la commune.

Dans tous les cas, aujourd’hui comme hier, les voila tenant d'une bien regrettable posture … 

mardi 26 février 2013

Intérêt général, l’entreprise aussi est concernée…


Plusieurs fois, en tant qu’élu, j’ai été tenté d’écrire sur l’intérêt général. Sujet difficile si il en est, ne serait ce que pour sa définition.  J’aurai pu le faire à propos de la nécessaire rénovation de la maison de retraite du Clos Lafitte ou de la cession par la commune du terrain au Sénioriales. L’un et l’autre des dossiers ont été mis en difficulté par la volonté d’un seul homme ou d’une seule association contre un intérêt partagé, accepté et entendu par tous les autres.
Conçu comme étant le dépassement de la somme des intérêts privés, l’intérêt général ne pourrait être assuré si les intérêts particuliers ne pouvaient être satisfaits ! Belle ambition. L’intérêt général touche à toutes les facettes de notre société, la démocratie, la cohésion sociale, la qualité de vie, la santé, la pauvreté, l’emploi ou l’équilibre de nos territoires et doit répondre à la question suivante : l’action qui est menée est elle de nature sur chacun de ses sujets à dépasser les intérêts particuliers tout en les respectant dans leur globalité…
Devant la complexité des réponses à donner j’avais renoncé jusqu’à ce que mes lectures me fassent découvrir qu’une enquête en 2012 sur « l’utilité sociale des grandes entreprises » .A ma grande surprise, elle faisait apparaitre que pour 9 Français sur 10, des entreprises comme l’EDF, La Poste ou encore le SNCF étaient « utiles à la société » alors pour  Coca Cola, Nike ou le géant français des cosmétiques l’Oréal, la situation était bien moins claire ! L’Etat était donc semble t il le seul en mesure d’assurer l’intérêt général surtout si on parle cohésion sociale... (Les syndicats arrivent très loin tout comme le monde associatif)

Il y a sur ce sujet beaucoup à dire.
A commencer quoiqu’on en dise par un rappel : les entreprises font des profits  mais elles paient des taxes et des impôts , créent des emplois dont on a bien besoin, s’engagent dans des formations que l’Etat n’assure pas .Dans cette période de crise, il n’y a qu’à voir l’émoi que suscitent à juste titre les suppressions d’emploi et les fermetures d’usine pour comprendre que l’entreprise joue aussi un rôle , à sa manière, dans l’intérêt général. Par le simple fait qu’elle existe et pour ce qu’elle apporte en terme pari sur l'avenir. Il ne faut négliger non plus toutes les transformations qu’elle a vécu depuis une décennie  et qui touchent notre société (après l’entreprise citoyenne, sociétale, voilà le temps de la mise en place dans les grands groupes de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise, RSE). 
Autre chose également est de rappeler combien de petites entreprises vivent aujourd’hui des contrats de Délégation de Service Public (DSP) ou de partenariats Public-Privé (PPP), notamment avec l’EDF. La limite public privée dans ce domaine n’est plus ce qu’elle a été et il faut voir le privé qui se « publicise » et le public qui réforme après réforme, se « privatise »…
La vie économique s’adapte et évolue, la société « tout court » prend plus le temps !

Cette situation n’est pas parfaite et il y a surement mieux à faire, à ne pas oublier par exemple qu’un industriel sans client n’a pas d’avenir et que l’entreprise doit apprendre à partager les richesses pour lutter contre la pauvreté et assurer la cohésion sociale. Mais de l’autre coté, il faudrait peut être qu’avant de considérer qu’il ne peut y avoir qu’un intérêt particulier pour nos entreprises, celui de faire du chiffre d’affaire et « payer » les actionnaires, nous pourrions essayer d’avoir un regard plus positif sur leur évolution et sur leur place dans notre société française…

Le territoire de Fargues St Hilaire n’est pas grand, en dehors de nos commerçants, il y a peu d’industrie, d’atelier dans notre village. Les Sénioriales ne viendront pas acheter le terrain du coté de Pompignac. Faut-il rechercher un remplaçant qui construirait des logements ou favoriser l’installation d’un Mac Donald et d’une zone d’activités ?
Ce ne serait pas une affaire de conflit « malbouffe » contre alimentation à la française, ni une nouvelle problématique de sécurité par exemple, ce serait une réflexion sur comment on maintient un équilibre entre espace résidentiel et zone d’activité, quelle animation proposer sur un territoire, comment donner leur chance à des jeunes sans emploi et sans moyen de transport et comment à travers une activité économique, on redistribue de la richesse.
Ces questions mériteraient d’être posées, sans complexe. 

«Intérêt général, que peut l’entreprise ». Sous la direction de Julien Darmon. Institut Montaigne. Les Belles Lettres